Transcription Le rôle de l’accompagnateur PrEP
Voici un nouvel épisode du podcast Sexosafe, avec AgendaQ et Strobo mag.
Journaliste
Lorsque l’on décide de prendre la PrEP, on bénéficie d’un accompagnement.
Nous avons rencontré Julien Bisse, l’un des accompagnateurs du Checkpoint Paris pour nous expliquer en quoi consiste son rôle auprès des prepeurs.
Bonjour Julien.
Julien
Bonjour.
Journaliste
Tu es ce que l’on appelle un accompagnateur PrEP. En quoi consiste ton travail ?
Julien
Être accompagnateur PrEP, c’est d’abord savoir écouter la personne qu’on reçoit. Les accompagnateurs PrEP sont formés à l’entretien motivationnel en particulier. L’idée, c’est de créer un espace de liberté de parole. On peut aborder sans crainte son orientation sexuelle, ses pratiques, ses éventuelles consommations de produits psychoactifs, choses qui ne sont pas forcément évidentes à aborder avec un médecin généraliste, par exemple. D’être facilitateur, d’être moins dans une relation de verticalité et de pouvoir conseiller et orienter, si nécessaire le patient.
Journaliste
Quels sont tes prérogatives en qualité d’accompagnateur ?
Julien
Alors je dirais que la première responsabilité d’un accompagnateur PrEP, c’est de s’assurer de la bonne compréhension des schémas de prises et de la bonne observance du patient. Être accompagnateur, c’est aussi un rôle de facilitateur et de faire comprendre qu’un parcours PrEP, c’est non seulement une porte d’entrée vers un parcours de santé sexuelle, mais également vers un parcours de santé globale. Peuvent être évoquées des questions de bien-être ou d’éventuelle addiction, et permettre une orientation vers des médecins spécialistes, qui peuvent être des psychologues, sexologues, addictologues, voire proctologues. C’est pouvoir donner des petits conseils, comme utiliser des applications, voire simplement une alarme. Et puis il y a des risques plus préoccupants que d’autres. Donc c’est savoir le cas échéant, soit rassurer, soit dire qu’il y a eu un souci et pouvoir proposer un TPE si nécessaire.
Journaliste
Un dernier mot pour toutes les personnes qui hésiteraient encore à prendre la PrEP…
Julien
Alors je dirais à ces personnes sceptiques ou réticentes qu’on utilise dans la PrEP des molécules que l’on connait bien, qu’on utilise depuis une quinzaine, voire une vingtaine d’années, car elles étaient d’abord dispensées à des personnes séropositives. Que le parcours PrEP répond à un parcours médical bien précis et rigoureux, où il y a des check-up des IST systématiquement, mais aussi un bilan hépatique et un bilan rénal. La dernière chose, c’est que je dirais qu’il n’est pas obligatoire de la prendre au quotidien, contrairement à une idée reçue, mais à la demande, si c’est nécessaire pour que la personne qui prend la PrEP soit acteur de sa propre prévention et l’utilise à bon escient, sans pour autant complètement supprimer le préservatif. Nous attendons depuis une trentaine d’années un vaccin. En attendant ce vaccin, il y a un outil génial, qui a constitué une véritable révolution dans la prévention, c’est la PrEP. Et la PrEP aujourd’hui, les études le montrent, est l’outil le plus safe pour se protéger du VIH.
Journaliste
Merci beaucoup Julien.
Julien
Avec plaisir.
Journaliste
Vous en savez beaucoup plus maintenant sur la PrEP grâce à nos deux précédents épisodes. Nous vous donnons rendez-vous dans le prochain épisode, où nous donnerons la parole à un usager de la PrEP.